dimanche 24 juillet 2016

Que son coeur se dilate

Ce vendredi, en la fête de ste Marie-Madeleine, sœur Marie-Gédéon a prononcé ses premiers vœux. La liturgie du jour nous offrait de merveilleux textes sur la quête de Dieu, le désir... 
si vous voulez retrouver la référence de ces textes et la méditation du jour, rendez vous sur le blog du monastère: partage d'espérance
Ce matin je propose à votre méditation une petite parole du rite de cette liturgie. Un extrait de la prière de bénédiction prononcée par le célébrant:
Que, progressant dans la vie monastique et dans la foi, son cœur se dilate et connaisse l'indicible douceur de l'amour.
Ce vœu ne peut-il être repris au compte de chacun? il fait allusion à une parole de Benoît dans le début de sa Règle. 
Il écrit en effet à la fin du prologue:  Nous allons donc instituer une école du service du Seigneur. dans ses règles, nous espérons n'établir rien de dur ni de difficile. Cependant, s'il se présente quelque chose d'un peu strict, parce qu'une raison d'équité l'exige pour corriger les vices et préserver la charité, ne va pas aussitôt fuir épouvanté la voie du salut, où l'on ne peut entrer que par une porte étroite. Car à mesure que l'on avance dans la vie monastique et dans la foi, le cœur se dilate, et dans l'indicible douceur de l'amour on court la voie des enseignements divins. 
Ne connaissons-nous pas tous des difficultés ça et là sur le chemin de vie qui est nôtre? Le réflexe de facilité pourrait nous faire réagir de suite, et dire: s'il y a des difficultés, c'est que je me suis trompé, ce n'est pas le bon chemin, il faut faire une réforme... et c'est vrai qu'il faut savoir se laisser remettre en question dans ce qui est "tradition" pour que la tradition reste vivante! 
Mais Benoît nous partage ici son expérience. Il faut bien instituer des choses parfois un peu strictes. Pour l'équité ou la charité. Et cela peut rendre les choses difficiles... mais rassure-toi, nous dit-il, si tu laisses le Seigneur peu à peu façonner ton cœur, si tu entres dans ce qui t'est proposé comme disciple et te laisses toucher par l'amour du Seigneur, ce n'est pas le chemin, et ses balises qui vont se déplacer, c'est ton cœur qui va se dilater. C'est ton cœur qui deviendra de plus en plus libre, qui se fortifiant, goûtera toujours davantage la joie de vivre sur les chemins de l’Évangile. Le chemin et ses exigences n'auront pas changé, mais toi, tu auras changé, ton cœur se sera dilaté, et tu courras dans la voie, et tu connaîtras l'indicible douceur de l'amour. 
C'est ce que nous avons souhaité à sr Marie-Gédéon en ce jour de ses premiers vœux, c'est ce que nous pouvons nous souhaiter les uns les autres. 
Beau dimanche à chacun! 

dimanche 17 juillet 2016

Encore et toujours tu ne cesses d'attirer de multiples façons...



Lundi dernier, en la fête de saint Benoît, nous avons eu la grande joie de vivre la profession solennelle de sr Samuel. Quand un membre est à la fête, tous sont à la fête. Si notre sœur s’engage pour toujours à chercher Dieu dans la vie monastique à Hurtebise, tous nous nous engageons avec elle. Tous nous portons son engagement et sommes portés par son engagement. Puissance de la communion !
Aussi ce dimanche, je vous invite à méditer, prier, tout simplement au départ de la première partie de la prière de consécration:

« Nous te rendons grâce, Seigneur, nous bénissons ton nom, car toi seul es saint, source unique de toute sainteté. Tout ce que nous sommes, nous l’avons reçu de toi. Dès le commencement des temps, déjà, tu prenais soin de nous. Tu as depuis toujours appelé des hommes, comme Abraham, pour qu’ils quittent leur pays, leur famille et se quittent eux-mêmes, et qu’ils puissent te trouver, toi, et toi seul.  Tu les as séduits au désert, pour y faire l’expérience de ta présence invisible en écoutant la parole de ton silence. Tu appelas Moïse, pour qu’il contemple sur la montagne ta sainteté ; élie, pour que, dans une brise légère, il fasse l’expérience de ta présence silencieuse.
Et quand vint la plénitude des temps, tu as envoyé ton propre Fils ; il nous a révélé le secret de ton amour et il s’est fait connaître comme Dieu-pour-nous, Dieu-avec-nous.
Il a pris le chemin de la souffrance, la voie de l’humilité dans l’obéissance jusqu’au bout, jusqu’à la mort de la croix. En ton nom, il invita les apôtres et bien d’autres encore, à le suivre et à prendre leur croix, à s’engager dans le désert du renoncement, à perdre leur vie pour la retrouver en toi.
Si certains ont pu le contempler dans sa gloire sur la montagne, tous, dans la contemplation du ressuscité, ont pu faire l’expérience de ta bonté agissante en faveur des hommes.
Encore et toujours, tu ne cesses d’attirer des hommes de multiples façons vers des lieux de silence et de prière, de recueillement et de paix, où ils vivent en frères, les uns pour les autres et pour tout homme ; où ils veulent te chercher à la suite de Jésus, sur le chemin de son humilité et de son obéissance, chemin de silence et de solitude, de pauvreté et du don total à toi »

en grande communion 
sr Thérèse-Marie

dimanche 10 juillet 2016

Attache-toi au Christ



On raconte qu’un ermite des temps anciens du nom de Martin s’était attaché avec une chaîne à la paroi rocheuse de sa grotte. Benoît l’apprenant lui fit dire de délier cette chaîne de fer et de n'en avoir pas d'autre que « celle du Christ ».
Ce petit épisode de la vie de Benoît nous donne une heureuse clé de lecture de vie : si en pensant observer la loi de Dieu, tu t’écartes de l’amour du Christ, c’est que tu te trompes sur Dieu. N’est-ce pas un peu de qui est arrivé au prêtre et au lévite qui sont passés outre de l’homme blessé sur la route, pour ne pas se souiller et pouvoir exercer leur service cultuel ? Dans cet évangile du jour, Jésus nous interpelle. Avons-nous placé la loi d’amour de Dieu et du prochain au-dessus de toute autre réglementation ? Et si nous le faisons, ne découvrirons-nous pas dans l’étranger, samaritain ou autre, un frère qui nous révèle le visage de tendresse de notre Dieu ?
Sur le chemin de la vie, avançons avec ce commandement de l’amour pour tout bagage. Que fleurisse la fraternité, la solidarité, sacrements de la présence de Dieu. Attachons-nous au Christ.
Beau dimanche à chacun, et déjà toute belle fête de St Benoît.

dimanche 3 juillet 2016

Si tu entends sa voix



Dès le prologue de sa Règle, Benoît relaye l’appel du Seigneur (v. 14) :
« Le Seigneur cherche pour lui un ouvrier, c’est pourquoi il lance cet appel à la foule : Qui veut la vie ? Qui désire le bonheur ? » Il s’inspire ainsi du psaume 33 (v. 13)

Nous sommes cette foule et nous pouvons entendre cet appel.
Voici en ce sens un extrait proposé par Danièle :

« Mes brebis entendent ma voix ; je les connais et elles me suivent (Jn 10, 27).
Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à la communion de son Fils, Jésus-Christ, notre Seigneur (1 Co 1, 9)

Dans le vocabulaire « évangélique » lorsque nous parlons de « l'appel de Dieu », nous pensons immédiatement à ceux qui partent servir Dieu dans un autre pays ou encore à ceux qui s'engagent dans une activité particulière et peu commune.
Ce n'est pourtant pas le sens que nous trouvons dans les Écritures.
La Bible parle de notre appel dans le sens le plus littéral qui soit ; Dieu nous appelle, il désire que nous entendions sa voix et que nous le suivions.
Ce n'est pas une option réservée à quelques croyants « haut de gamme », cela s'adresse à chaque enfant de Dieu. Exactement comme Jésus l'a formulé de façon très explicite pour Pierre « toi, suis-moi ! », il nous appelle à lui.
Ce n'est pas un acte unique accompli le jour où nous l'avons rencontré mais plutôt quelque chose de quotidien, voire de chaque instant.
C'est ce qui donne tout son sens à chacune de nos journées et qui nous permet d'avancer à ses côtés sur le chemin qu'il nous a tracé.
Pour cela, il nous faut nous donner les moyens de l'écouter, prendre le temps, être disponible, consentir à sa voix... et cela ne nous est pas naturel...
Il nous faut le décider et le vouloir, comme l'illustre ce dialogue entre un père et son enfant :
-        Mon fils, pourquoi t'échappes-tu sans cesse pour aller courir dans la forêt ?
-        Mon père, je cherche Dieu.
-        Mais mon fils, Dieu n'est-il pas partout ?
-        Oui, Dieu est partout !
-        Et Dieu n'est-il pas partout le même ?
-        Oui mon père, Dieu est partout le même, mais vois-tu, moi je ne suis pas le même partout. La forêt m'aide à chercher Dieu !
Cette histoire nous pose une question toute simple :
Où est notre forêt ? Où est le lieu où nous pouvons nous retirer pour chercher Dieu ?
Que nous puissions nous encourager les uns les autres à entendre et à répondre à sa voix... »   

(tiré de « Méditations au fil des saisons »  Philip Ribe, page 62-63)