dimanche 16 avril 2017

Alleluia



En ce monde,
Où font plus de tapage, ceux qui manient les armes et la haine
Où les différences sont brandies comme un danger, une menace
Où des milliers meurent de faim, peuples oubliés, abandonnés
Demeure l’Espérance

En cette nuit, partout dans le monde, des feux sont allumés
Quelques poignées de chrétiens ici, des centaines, des milliers là-bas, sont rassemblés
Dans la nuit de ce monde, ils chantent l’alléluia,
La joie du salut

A toi, qui me lis ce matin,
Je veux offrir une flamme d’Espérance,
Je veux t’inviter à croire à l’Amour, plus fort que la mort,
Au Pardon, plus fort que la haine,
À la Communion fraternelle plus forte que la guerre

A toi, qui ce matin, t’es levé dans l’angoisse, l’inquiétude,
Je veux porter
l’indestructible joie pascale

A toi, qui ce matin, t’es levé la rage au cœur,
Je veux à mains nues, à visage découvert
Offrir la paix pascale

Toi, qui ne sais où accrocher ton cœur
En un monde d’insécurité
Viens, viens tisser la communion
Viens sur le bord du rivage d’un monde nouveau,
Jésus t’attend
Il t’offre une vie nouvelle à partager

 

dimanche 26 mars 2017

Laetare




En ce temps de la Laetare qui marque le milieu de notre marche vers Pâques, nous vous invitons à lire la dernière Lettre aux Amis, écrite hier, jour de l’Annonciation.
Bien amicalement.


mercredi 15 mars 2017

Lettre aux Amis d’Hurtebise

Cette fois, c’est au cœur de la route vers Pâques que la « Lettre aux Amis » vient vous rejoindre en signe concret de lien et de communion.
Continuons tout au long de ce temps à garder vive cette question qui clôturait la Journée des Amis : en ce Carême, qu’est-ce qui va ranimer en nous la joie profonde ?
Et bientôt va pointer à l’horizon la joie de la Résurrection !
Bien amicalement !

Le petit mot de sœur Thérèse-Marie
Annonciation en carême !

Bien chers amis et amies d’Hurtebise, voici notre petite lettre trimestrielle, tandis que le printemps commence à se faire sérieusement annoncer ! Les perce-neige laissent peu à peu la place aux jonquilles couleur soleil. Annonce de la lumière pascale.
La liturgie vient de nous offrir, au milieu du carême, une semaine de fêtes. St Joseph ce lundi, st Benoît ce mardi et ce samedi l’Annonciation. On pourrait dire : qu’est-ce que tout cela vient faire en carême ? Les antiennes et les chants de l’Annonciation nous donnent un parfum plutôt d’Avent que de Carême. Et pourtant, c’est ainsi que l’Église, en sa pédagogie, l’a prévu… alors quel message pourrions-nous en tirer ?

Nous allons vers la Grande Semaine, la semaine sainte, où nous serons une fois de plus invités à contempler le don du plus grand amour, Jésus, l’amour livré en croix, jusqu’au bout. Contempler Marie nous invite alors à mettre nos pas dans les pas de Jésus. Oui, la montée vers Pâques concentre nos regards sur Jésus, le visage du Père qu’il nous révèle. Oui, ce mystère est grand. L’annonciation nous invite à dire Oui, avec Marie, à cette révélation. Un Oui qui engage, un Oui qui se donne tout entier, pour que vienne le salut du monde.
Marie dit d’abord oui au Seigneur, ensuite, au pas à pas de l’histoire, elle découvrira ce qu’implique ce oui. Au quotidien, elle le renouvellera.

Nous aussi, nous sommes invités à collaborer à l’œuvre de Jésus, à être porteurs du salut pour notre monde. Comment ? C’est à chacun de nous, là où il est, de se poser la question, de se laisser interroger, et, avec la force de l’Esprit, de dire oui. Un Oui qui engage, un Oui qui fait alliance avec Dieu sans détour.
Tout beau chemin pascal à vous tous, en grande communion.

Nouvelles du monastère

Notre Journée des Amis de février nous a réunis en divers ateliers dont vous lirez quelques échos ci-dessous… Vous aurez trouvé sur le blog des Amis (article du 26 février) l’ensemble de l’exposé que sœur Thérèse-Marie fit ce jour-là pour nous inviter à marcher à la rencontre de notre joie tout au long de ce carême.
Un événement tout particulier sera le WE « Eglises ouvertes » auquel le monastère va participer les 3 et 4 juin. Nous avons mis au point un joli programme ! Dès qu’il sera disponible sur le site « Eglises ouvertes », nous vous en ferons part car vous pouvez être les premiers à en profiter.

Si certains se sentaient disponibles quelques heures pour tout simplement accueillir les visiteurs, cela rendrait grand service. Nous recherchons aussi des personnes qui puissent le faire en néerlandais, anglais…
Vous pouvez toujours suivre les dernières nouvelles du monastère sur notre site

 

Courrier des Amis
N’hésitez pas à alimenter cette rubrique avec toute nouvelle ou réflexion à partager, soit par notre blog, soit directement à amishtb@gmail.com.

Et voici quelques messages suite à notre dernière rencontre. Merci !
« Temps de Lectio. "Faire comme le Samaritain" se laisser toucher et devenir capable d'amour. Lc 10, 25-37.
Commence par la loi, ajoute-y un brin d'audace et laisse-toi guider par l'Esprit-Saint.
Aime, "Va, et toi aussi, fait de même".
Même s'il veut éprouver Jésus, le légiste n'aurait-il pas soif de quelque chose?
Le Samaritain enchante mon cœur durant la lectio, il intègre la loi dans le quotidien, et plus encore se laisse toucher, guider par l'Esprit Saint. Il aime, il soigne, il partage, il vit de la "Miséricorde" envers son prochain.
Me laisser aimer de Dieu et vivre de sa miséricorde pour mon prochain.
Qui est mon prochain? Le premier que je rencontrerai après avoir envoyé ces quelques lignes.
Merci à vous tous et toutes. Cadeau cette journée. »     Brigitte


 « Nous avons débuté ensemble la journée par l’hymne de Carême : Pour nous conduire aux sources … et l’avons achevée par l’invitation de la Règle bénédictine à vivre cette période  « dans la joie de l’Esprit Saint dans l’attente de la sainte fête de Pâques ». Sr Thérèse-Marie nous a comparés à des tisserands invités à renforcer nos liens avec le Seigneur, nos proches, la nature, la planète et en définitive nous-mêmes.
Comme initiation à la lecture des psaumes, à leur compréhension et leur rumination, nous avons bénéficié en atelier de l’aide de Sr Marie-Raphaël en parcourant le psaume 102 : Bénis le Seigneur, ô mon âme, bénis son nom très saint, tout mon être ! Une lecture commune qui permit de goûter la tendresse de Dieu ; il sait que nous sommes poussière mais nous insuffle la vie et nous associe à la création. »     Alain

 « Cette journée du 25 février ! Une journée simple, pas tout à fait comme les autres. Une journée belle et riche de ces quelques rencontres offertes par l'opportunité désirée et choisie de se retrouver... et son "salaire" n'est pas dénué d'intérêts !
Il gonfle avec le temps qui passe, enrichi des partages, des sourires qui donnent à voir ce qui circule dans mes veines et dans mon cœur. Y-a-t-il plus grande joie que cette joie simple ?
Puis, ce matin, en me levant, j'avais cette question qui me venait, comme pour orienter ma journée naissante : "Qu'est-ce qui fait pétiller ta vie dans ton effervescence au quotidien...? Et j'ai vu que vos visages ne s'étaient pas dilués ni vos partages envolés mais, au contraire, qu'ils renouvellent mon enthousiasme et ma joie. Merci à tous et toutes. »     Raymond

dimanche 26 février 2017

Vivre le carême



Vivre le carême.
Dans la règle, Benoît consacre un chapitre à l’observance du carême : voici ce qu’il dit :
1 Les moines doivent toujours vivre comme pendant le Carême, c'est sûr !
2 Mais peu d'entre eux ont ce courage. C'est pourquoi nous recommandons de garder une vie très pure, au moins pendant le Carême,
3 et donc d'effacer pendant ces jours saints toutes les négligences du reste de l'année.
4 Pour y arriver, voici ce qu'il faut faire : abandonner tous nos penchants mauvais, faire effort pour prier avec larmes, pour lire, pour avoir le cœur peiné d'avoir offensé Dieu, pour nous priver.
5 Alors, pendant ces jours, ajoutons quelque chose au service habituel qui est notre devoir : prions plus souvent seuls devant Dieu, prenons moins de nourriture et moins de boisson.
6 Ainsi chaque moine offre librement à Dieu et avec la joie de l'Esprit Saint quelque chose en plus de ce qu'on lui demande,
7 c'est-à-dire : il mange moins, il boit moins, il dort moins, il parle moins, il évite les plaisanteries. Et il attend la sainte fête de Pâques avec la joie du désir inspiré par l'Esprit de Dieu.
8 Mais ce que chacun veut offrir à Dieu, il le proposera à son abbé. Ainsi il agira avec son accord et avec l'aide de sa prière.
9 En effet, quand un moine agit sans la permission du père spirituel, il faut penser que cela vient de l'orgueil ou du désir d'être admiré. Et Dieu ne récompense pas cette façon de faire. Donc, il faut tout faire avec l'accord de l'abbé.

Juste quelques mots à propos de ce chapitre : tout d’abord, Benoît parle peu de joie dans sa règle… c’est normal dans un texte à couleur législative, et pourtant, voici que dans le chapitre du carême, il en parle deux fois. Le carême contrairement à l’expression « faire mine de carême », nous invite à la joie, une joie vraie, pure et profonde. Pas la joie épidermique du carnaval ! mais la joie de l’Esprit Saint dit st Benoît, et plus loin la joie du désir inspiré par l’Esprit de Dieu.
La joie a quelque chose à voir avec l’Esprit Saint de Dieu, l’Esprit qui est l’amour entre le Père et le Fils. La joie nait dans cette relation au sein de la Trinité. Joie du lien d’amour.
La question qui pourrait nous aider à préparer le carême, pourrait donc être : qu’est-ce qui va ranimer en nous la joie profonde ? Qu’est-ce qui va aider cette joie à l’emporter, à nous emporter jusqu’en la Pâque nouvelle.
Le carême est un temps de désert, on le présente souvent comme un temps de privation, sans doute devrait-on plus justement le regarder comme un temps de remise en ordre, de rééquilibrage. Un temps où les excès vont faire place à la mesure, à la sobriété, à la simplicité de vie. Benoît dit, la vie du moine devrait être en tout temps aussi observante qu’au carême, mais puisque notre humanité est faible, convenons au moins de revenir à la vie juste, la vie ajustée à Dieu et à nos frères, durant ce temps de carême. Oui, le carême est un temps de désert, mais de désert orienté, orienté vers Pâque, vers le salut que Dieu nous offre.
Benoît nous invite à effacer les négligences des autres temps. La religion relie, la négligence casse le lien. Michel Serres, s’appuyant sur l’étymologie, oppose souvent la religion à la négligence. Benoît en carême nous demande de réparer les négligences des autres temps, autrement dit de refaire du lien. Si nous préparions le carême en nous demandant, comment refaire du lien en nos vies ? lien avec Dieu, lien avec nos proches, lien avec les lointains, lien avec nous-mêmes, lien avec la planète.
Si cette année au lieu de jouer les ascètes qui vont se priver de ceci, de cela, et encore de ceci, nous parlions en termes de faire du lien, de reconstruction…
Bien sûr pour refaire le lien, il va falloir poser des choix… faire du lien avec Dieu, fixer des moyens de revenir à lui au long du jour… pour cela créer espace et temps. Ce peut être en se mettant à l’écoute de sa Parole aussi. Refaire du lien fraternel avec les proches et les lointains, pour cela il faudra sans doute revenir à une simplicité de vie, qui permet d’entrer en relation sans compétition, mais dans le partage. Donner le primat à l’être sur le faire. Refaire du lien avec soi, en apprenant à vivre avec nous-mêmes, sous le regard de Dieu. Refaire du lien avec notre terre, en apprenant à la respecter, à la vivre avec tendresse.
Je vous propose à la suite de Benoît, un carême de tisserands dans la joie de l’Esprit saint.
Peut-être pourrions-nous le préparer en nous interrogeant plus avant : qu’est-ce qui va ranimer en nous la joie profonde ?
Sr Thérèse-Marie

dimanche 12 février 2017

Présentation de Jésus au temple (2)


Le verbe « consoler », en hébreu, vient d’une racine dont la signification de base est celle d’inverser un cours d’action. Cela donne par exemple : « inverser la spirale négative des humeurs », d’où « consoler ». Au sens réflexif, cela donne « se repentir, se raviser », et ce sens est surprenant quand il a Dieu comme sujet, par exemple juste avant le déluge, quand « Dieu se repent d’avoir créé l’homme » (Gn 6, 6-7), ou encore après le péché du peuple, quand Dieu se repent de sa colère (à la prière de Moïse : Ex 32, 14). Oui, la Bible dit qu’il arrive à Dieu de se repentir, de se raviser, de changer d’avis…A ce moment, on pourrait dire aussi : « Dieu se console ». Cela ne veut pas dire qu’il est versatile : c’est par fidélité à lui-même, à sa justice autant qu’à sa miséricorde, qu’il garde au cœur cette sorte de botte secrète : sa consolation, sa capacité d’inverser le cours des choses sans entamer la liberté des hommes…

La consolation, dans le langage biblique, désigne donc un renversement de situation. Et c’est cela que voit Syméon, ce que l’Esprit Saint lui fait comprendre : Dans ce petit enfant de 40 jours qu’un jeune couple vient présenter au temple, il voit la consolation d’Israël, il voit le renversement de situation imaginé par Dieu pour sauver l’humanité.

Là où tous voient un fils d’homme présenté à Dieu par un couple, il voit le Fils de Dieu offert aux hommes. Un fils d’homme offert à Dieu… le Fils de Dieu offert aux hommes.

Et il voit plus loin : il voit aussi l’autre renversement que cela implique, à l’autre bout de l’existence : il voit qu’en assumant la condition humaine par sa naissance, Dieu endosse aussi la mort (lettre aux Hébreux) et il voit le retournement que cela entraînera pour la mort : « par sa mort, il va réduire à l’impuissance celui qui possède le pouvoir de la mort ».

Syméon voit tout cela, avec ce regard large que lui donnent le grand âge et l’expérience, illuminée par la prière et l’écoute de l’Esprit.

Syméon fait le lien entre Noël et Pâques. Il reçoit de Marie l’enfant de Noël et il remet à Marie l’enfant de Pâques. Il reçoit de Marie un tout-petit qui ne suscite que tendresse et émerveillement, il remet à Marie le Fils de Dieu déjà chargé de la gravité de Pâques.

Avec Syméon, recevons de Marie la Consolation d’Israël, le Fils de Dieu fait homme, le mystère du salut qui renverse les perspectives et bouleverse les attentes.
Avec Marie, accueillons dans nos vies l’enfant de Pâques, déjà ce « grand prêtre miséricordieux et digne de foi pour les relations avec Dieu », qui entre aujourd’hui dans le Temple, lui qui va souffrir jusqu’au bout, pour nous, l’épreuve de sa Passion afin de nous libérer pour toujours de la crainte de la mort.
  

Sœur Marie-Raphaël, 2 février 2017

dimanche 5 février 2017

Présentation de Jésus au temple (1)



« Nous te cherchions, Seigneur Jésus, 
nous t’avons longtemps attendu,
Nous avions soif de ton visage,
Ô seul désir pour notre foi, 
qu’un long regard posé sur toi. »

Ce couplet de l’hymne que nous avons chantée ce matin convient parfaitement à Syméon et Anne : « ô seul désir de notre foi qu’on long regard posé sur toi ».
Longue, si longue attente enfin exaucée !

Syméon attendait la consolation d’Israël. Que veut dire cette expression ? Dans la traduction liturgique, on a mis le mot Consolation avec une majuscule, comme s’il s’agissait de quelqu’un…

La consolation est un thème cher aux prophètes, notamment Isaïe et Jérémie.
On connaît le début du chapitre 40 d’Isaïe (le début du « livre de la Consolation ») : « Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu, parlez au cœur de Jérusalem… ».
 Il y a aussi ce beau passage du chapitre 52, 7-9 :

« Comme ils sont beaux sur les montagnes, les pas du messager, celui qui annonce la paix, qui porte la bonne nouvelle, qui annonce le salut, et vient dire à Sion : ‘Il règne, ton Dieu !’ Écoutez la voix des guetteurs : ils élèvent la voix, tous ensemble ils crient de joie car, de leurs propres yeux, ils voient le Seigneur qui revient à Sion.  Éclatez en cris de joie, vous, ruines de Jérusalem, car le Seigneur console son peuple, il rachète Jérusalem ! »

Syméon et Anne sont comme les guetteurs décrits par cet oracle. Ils ne désespèrent pas, malgré le temps qui passe. Ils restent éveillés, attentifs pour scruter les signes de Dieu. Et leur joie déborde quand ils peuvent annoncer : « j’ai vu, de me propres yeux, le Seigneur qui revient à Sion, le Seigneur qui console son peuple… »


Sœur Marie-Raphaël, 2 février 2017