dimanche 25 décembre 2016

Je vous annonce une grande joie

L’avez-vous entendu, ce cri ?

Cela fait pourtant 2000 ans
qu’il résonne
et que, d’écho en écho,
il vous revient
chaque nuit de Noël.

L’avez-vous entendu ?

Y a-t-il parmi vous des veilleurs
dont le regard étonné
se hissera plus haut
que la brume
pour reconnaître les signes ?

L’avez-vous entendu ?

Où sont-ils les cœurs simples
qui partent sans preuve ?
Sortez de vos tiédeurs
et de vos tranquillités :
le jour va bientôt se lever.

L’avez-vous entendu ?
  

Il faut simplement marcher,
vers une étable, vers un enfant.
Regardez :
c’est le sourire de Dieu
venu rejoindre ses frères.
  
«  et ils s’en retournèrent en louant Dieu »



            Rosy

dimanche 18 décembre 2016

Donner un nom - Mt 1, 18-24


Dieu indicible
Dieu innommable
Dieu au-delà de tout nom.

Homme convié à nommer les animaux
Nommer les générations de ses fils
Nommer son Dieu.

Christ, le béni
Marqué par l’onction
Envoyé du Père.

Jésus, le sauveur,
Dieu avec son peuple
Pour le mener à la vie.

Emmanuel, Dieu avec nous
Compagnon de route
Au côté de chaque Homme.

Dieu
Je te nomme à mon tour
Au profond de mon être.
Rosy

jeudi 15 décembre 2016

Lettre de décembre 2016

Lettre aux Amis d’Hurtebise


Au cœur de cet Avent, nous venons vous rejoindre grâce à cette lettre, avec quelques nouvelles du monastère et de notre groupe.
Que la venue du Seigneur en nos vies les comble de sa joie !
Et nous nous réjouissons de nous rencontrer toutes et tous en février.
Bien amicalement !

Le petit mot de sœur Thérèse-Marie
Bon chemin vers Noël à tous et toutes,

Le temps d’Avent qui nous y prépare porte en lui une joie sereine, une attente confiante, une espérance ingénue. Est-ce bien sérieux alors que les nouvelles que nous apportent les bulletins d’information sont si souvent teintées de sinistrose ? Notre Dieu nous inviterait-il à nous évader du réel ? À oublier cette terre où sévit tant de violence ? De rejet ? D’exclusion ?
Merveille révélée un jour sombre en terre d’Israël tandis que l’occupant romain recensait la population de manière à pouvoir la taxer plus aisément. Nouvelle inouïe : Dieu, notre Dieu, celui que l’on avait appelé Dieu fort, Dieu très-haut… celui que l’on pensait perdu au plus profond des cieux, notre Dieu se fait petit enfant ! Ce n’est déjà pas rien ! Il vient partager notre condition humaine. Et quand Dieu se fait petit enfant, ce n’est pas dans un temple doré qu’il faut le chercher, mais bien parmi les pauvres. La douce joie de Noël n’est pas l’évasion du quotidien dur, mais la fabuleuse découverte que nous n’y sommes pas seuls. Dieu nous rejoint en cette terre, il vient partager notre vie, il vient sur nos routes humaines.

Le temps d’Avent ouvre nos regards : vois, regarde au plus profond, dans le creuset de ta vie, Dieu vient. En ce qui te paraissait le plus pauvre, le plus démuni, le plus vulnérable, le plus souffrant, Dieu vient.
Ouvre ton cœur, ouvre tes mains… ouvre-toi. Sois berger de ces étincelles jaillies au quotidien, elles te racontent la venue de Dieu en ta vie, en la vie de tes frères et sœurs. Elles te portent l’espérance nouvelle, fragile et timide, l’espérance d’un regard neuf, d’un monde nouveau qui frémit déjà, et sous ta main éclot doucement.

Viens toi aussi découvrir cet enfant pauvre parmi les pauvres, viens toi aussi lui porter tes dons, viens toi aussi t’émerveiller simplement. Il veut te confier l’espérance fragile, l’espérance aux mains nues, espérance de fraternité, de solidarité. Viens, il compte sur toi, pour porter sa joie, sa vie, sa paix.
Tout bel Avent à toi, et déjà joyeux Noël.

Nouvelles du monastère
Il y a tout juste un an, vous receviez la toute première lettre aux amis d’Hurtebise ! Depuis lors, le groupe a bien grandi puisque nous avons maintenant dépassé la centaine. Notre amitié s’est vécue tout au long de cette année, chacun à sa façon, mais tout particulièrement lors des Journées des Amis. Si la toute première journée fut plus spécialement dédiée à la rencontre, la deuxième permit à chacun d’approfondir un sujet de son choix, et les propositions furent variées : de la lectio au travail à la ferme, de la vie de Benoît à sa Règle, du chant à la découverte nature… Vous aurez trouvé sur le blog des Amis l’ensemble de l’exposé que sœur Thérèse-Marie nous fit ce jour-là (articles des dimanches de novembre).

Vous pouvez toujours suivre les dernières nouvelles du monastère sur notre site
http://hurtebise.net.185-26-106-61.netim.net/nouvelles.html
 

Notre prochaine journée des Amis le samedi 25 février 2017.
Vous êtes tous attendus au monastère à 10h jusque 17h30.
Puisque la formule a plu, nous proposerons à nouveau des ateliers. Ceux qui souhaiteront sortir (ferme ou balade nature sur les pas de Benoît…) pensent à s’équiper en conséquence. Il y aura aussi un temps de découverte artistique à partir d’œuvres… bénédictines.
Merci d’apporter votre pique-nique pour le repas de midi. Votre inscription est souhaitée.

 Courrier des Amis
N’hésitez pas à alimenter cette rubrique avec toute nouvelle ou réflexion à partager, soit par notre blog, soit directement à amishtb@gmail.com.
Et voici quelques messages reçus depuis la dernière Lettre : rejoignons leur action de grâce et soutenons-nous dans la prière.

« Grand besoin de communion avec le seigneur car beaucoup de difficultés à affronter dans le futur proche et éloigné... » Catherine
« C’est avec impatience que nous attendons le 1er octobre pour retrouver les amis d’Hurtebise. Nous nous y inscrivons avec joie. » Albert, Françoise.
« Un très grand merci pour cette lettre que nous lisons toujours avec grand plaisir. » Béatrice et Dominique
«  Chers vous tous et toutes, c'est avec joie que je m'inscris... un peu tardivement à la journée des Amis et c'est avec impatience que je décompte les jours pour vous revoir... » Michèle

« Super cette rencontre avec notre Pape, sœur Thérèse Marie. Quelle belle photo en souvenir. A très bientôt le plaisir de se revoir. » Anne

Bien sûr, ce qui nous a le plus marqués est le décès de sœur Marie-Pia ce 12 octobre.

 « Merci à la communauté pour cette belle veillée autour de Sœur Marie-Pia. Très émouvant d'entendre son portrait dressé par ses proches et amis : une résistante, courageuse dans le handicap, avec un regard affectueux et plein d'égards pour ceux qu'elle côtoyait. Nous ne l'oublierons pas. » Alain

« Sr. Marie-Pia est bien présente dans nos cœurs et nous précède dans la Beauté universelle du Royaume. » Christiane et Guy
« Lire  le chemin de sa vie nous montre que s'il est fini sur terre, il se continue auprès du Père et de tous ceux  qui connaissent la joie de Le voir. » Pierre et Anne
« Nous avons le souvenir d'abord d'une sœur hôtelière énergique et accueillante, ensuite d'une femme courageuse et "debout" malgré son handicap. » Pierre-Henry et Nadine
« Une vie belle, remplie, priante... Le chemin du Ciel s'ouvre pour elle... » Vincent

dimanche 11 décembre 2016

Allez annoncer - Mt 11, 2-11


Peuple rassemblé sur la place :
les yeux se décillent,
les oreilles s’ouvrent,
les jambes bondissent,
les cœurs reçoivent la bonne nouvelle.

Puis ils sont venus avec leur question :
Attendre, oui, mais qui ?
A votre tour, leur dit Jésus :

Ouvrez les yeux,
tendez l’oreille,
et courrez à toutes jambes.
Allez annoncer la bonne nouvelle !

Les voilà envoyés
auprès de Jean,
disciples enseignant leur maître.
Le message est porté au messager.

Les plus petits dans le Royaume…

Rosy

dimanche 4 décembre 2016

Dans le désert - Mt 3, 1-10




Attendez… attendez…

Désert immobile
où seul un cri
résonne.

Préparez… préparez…

Les horizons
se renvoient la nouvelle :
il va venir,
il approche,
il n’est plus loin.

Le serpent menteur
est renvoyé dans son trou.

Le palmier-dattier
porte ses meilleurs fruits.
  
Aplanissez… aplanissez…

Les pierres s’écartent
pour que s’ouvre
un sentier éphémère.

Il faut s’y avancer,
nombreux,
il faut y marcher
à sa rencontre.

Le chemin aplani,
les cœurs seront prêts.
Il sera là.

Rosy

dimanche 27 novembre 2016

Partage de nouvelles d’Italie (4)

Tout au long de ces journées, il a beaucoup été question de « formation », que ce soit en atelier, en conférence, ou dans des conversations occasionnelles.
On insiste de plus en plus sur le fait qu’en vie monastique, - et j’élargis volontiers en vie chrétienne - la formation n’est pas l’affaire d’un temps initial, le noviciat, les premiers vœux… mais l’affaire de tout une vie. Benoît appelle le monastère, une école du service du Seigneur. Qui y demeure est donc à l’école à perpétuité.
En utilisant le terme formation, Mère Araceli (une prieure des Philippines que certains d’entre vous ont rencontrée ici en janvier 2015) insistait sur le fait que la formation, n’est pas seulement un enseignement ou un apprentissage, c’est un processus de transformation personnelle mis en route à l’aube de notre vie, et qui ne s’arrêtera qu’à notre mort.
Avons-nous conscience de cela ? Sommes-nous vigilants à user de toute occasion, de toute expérience de vie comme d’un tremplin pour accroître l’humanité en nous, pour nous laisser transformer par l’Esprit, modeler par lui, pour devenir toujours davantage nous-même ? En vie monastique, il s’agit de croître par la foi, l’espérance et la charité, par les chemins de l’Évangile, par une quête inlassable de Dieu, qui nous mène à une vie toujours plus unie au Christ. Une vie toujours plus vivante en lui, par lui et pour lui. Cela n’est pas réservé aux seuls moines, c’est une invitation bien plus large, qui je pense peut vous rejoindre tous et chacun !


Soeur Thérèse-Marie

dimanche 20 novembre 2016

Partage de nouvelles d’Italie (3)

Lors du congrès des abbés, il y a eu beaucoup d’échanges, très fraternels. J’ai perçu bien plus que les autres fois, un réel désir de collaboration, de partage. Un nouveau père abbé primat a été élu, Père Gregory Polan, abbé de Conception Abbey dans le Missouri. Musicien et bibliste, il a reçu mission de revoir la traduction du psautier liturgique en anglais. C’est à ses yeux un merveilleux chemin de prière. Pour lui les psaumes sont un tremplin vers une prière personnelle. Le silence qui les suit doit permettre une lente descente de la Parole de Dieu en nos cœurs, pour y faire sourdre notre réponse. Quelle place les psaumes peuvent-ils tenir en nos vies ? Je vous laisse la question.
Père Gregory en acceptant cette mission doit renoncer à la charge d’abbé en sa propre communauté. Il nous disait combien cela lui était difficile, il était bien conscient que ses frères allaient lui manquer, mais qu’à ces moments de trouble, il repenserait au jour de l’élection, où pour lui la voix de l’Esprit était bien présente. Il se souviendrait de notre communion, tout autour du monde. Combien de personnes sont déracinées, quelle présence pouvons-nous leur offrir en signe de communion, de fraternité nouvelle ?
Père Aloys de Taizé nous a parlé de la vie de communion, nourrie à la Parole de Dieu. Il a ouvert son exposé sur le petit récit d’un prêtre letton qui a été condamné à dix ans de travaux forcés (sous l’ère communiste). On avait jeté sa bible par terre, et exigé qu’il la piétine. Au lieu de cela il s’est agenouillé devant elle et l’a embrassée. Père Aloys partant de là, nous a interpellés : quel amour de la Parole de Dieu anime nos vies ?
Partant du récit de la transfiguration de Jésus sur la montagne, il nous présente la vie comme nourrie, fortifie par cette expérience initiale de communion avec Dieu, avec le Père, qui donne de traverser ensuite toutes les obscurités, de la croix, jusqu’à ce que paraisse la lumière de la résurrection. Il nous a ainsi rappelé combien la transfiguration est un récit qui a tenu une grande place dans la vie monastique.
Pour parler de la vie fraternelle, il interrogeait : à quel dépassement suis-je appelé aujourd’hui ? Pas nécessairement à faire plus, toujours plus… mais à aimer davantage, là nous n’aurons jamais fini…


Soeur Thérèse-Marie